Je ne sais pas quelle heure il est. De toute façon, j'ai perdu la notion du temps. Heureusement, les infirmières viennent m'apporter mon repas à heure fixe. Ou presque. Je sais donc qu'il n'est pas encore 19h. Parce qu'à 19h, on m'apporte mon plateau repas.
Sur le mur, un salmigondis de dessins assez affreux et morbides, au crayon à papier. Je me rappelle alors que la veille, j'avais failli craquer et prendre ma situation comme elle était, commme une résignation. La tentation est régulièrement forte de tout abandonner. Ma conscience. Ma raison. Mon corps, même. Mais, toujours, j'ai cet espoir et je prends une serviette dans la salle de bain et je l'humidifie et j'efface tous les dessins. Il y a cette voix dans ma tête qui me dit qu'ils pourraient bien montrer mes dessins du doigt et justifier ensuite leurs conclusions absurdes. Je ne suis pas malade. Mais je suis dans l'aile gauche. Il paraît que c'est la "moins pire", comme disait mon petit cousin. Je n'ose pas imaginer l'autre côté du bâtiment.
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