Je suis assis face à la fenêtre et j'ai posé mes mains sur le rebord. Je regarde le jardin et aussi le bois, un peu plus loin. J'ai le menton collé contre la vitre et c'est glacé. Il doit faire froid dehors. J'ai laissé la fenêtre ouverte et l'air frais me glace les épaules. Mais je m'en fous. Ca me fait du bien de sentir l'air. La pellicule de neige qui recouvre l'herbe n'a toujours pas disparu. Elle semble même avoir légèrement gelé. Il fait encore nuit et je n'ai pas petit-déjeuné. Quelle heure peut-il bien être ? Probablement 7h00. Pas plus en tout cas.
J'ai mal dormi. J'ai pensé à Grégoire tout le temps. J'ai fait ce rêve récurrent où j'ai l'impression que je me noie. Je suis avec lui, à Honfleur, bien que je ne connaisse pas vraiment cette ville. Nous sommes sur un banc et je sais dans mon rêve que je confonds avec ce banc à Benodet, mais en même temps je suis certain d'être à Honfleur. Puis une vague immense nous submerge. J'entends Grégoire crier pour que je l'aide. Il me tend la main. Moi je panique. Je sais nager, mais je crois que je ne suis pas un bon nageur. Je reçois de l'eau dans la bouche, je sens qu'elle envahit mes poumons, je n'arrive plus à respirer et je m'agite, ce qui empire la situation. Je n'arrive plus à voir la main de Grégoire. Dans un réflexe, je pense à me retourner, à souffler aussi fort que possible et je crois que la mer se calme. J'ai repris mon souffle et je réalise que j'ai laissé Grégoire. Je me retourne, je plonge dans l'eau et je tombe sur Grégoire, la peau dévorée par le sel marin, le visage gonflé, les yeux révulsés. Je me réveille toujours à ce moment-là. En sueur.
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